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La nouvelle frontièreAu moment de la création de la Police à cheval du Nord-Ouest, en 1873, Victoria régnait en l'Angleterre et ses colonies, Mark Twain écrivait les Aventures de Tom Sawyer et, au Japon, la société des guerriers samurai était dissoute. Ici au Canada, les colons se dé menaient pour s'établir dans l'Ouest.
On réclamait depuis quelque temps déjà la formation d'un corps de police, mais toutes les requêtes en ce sens étaient restées sans réponse. Le lieutenant-gouverneur du Manitoba, Alexander Morris, avait lancé de nombreux avertissements au gouvernement central, qui ne réagissait toujours pas. Il a fallu attendre le massacre de Cypress Hills, aucours duquel des femmes et des enfants assiniboines ont trouvé la mort dans des affrontements survenus entre des membres de leur tribu et des chasseurs de loups, pour voir des changements. Lorsque le premier ministre John A. Macdonald a eu vent de la tragédie, il a tout de suite ordonné d'accélérer le recrutement d'effectifs pour la nouvelle police montée. La Police à cheval du Nord-Ouest vit le jour avec l'approbation d'un décret par le gouverneur général Lord Dufferin, le 30 août 1873.
Les premiers membres de la Gendarmerie, dont la plupart avaient une certaine expérience militaire, ont entrepris leur fameuse Marche vers l'Ouest le 8 juillet 1874. On avait rassemblé au fort Dufferin quelque 275 hommes et officiers, 142 boefs de trait, 93 têtes de bétail, 310 chevaux, 114 charrettes de la rivière Rouge, 73 chariots, deux pièces de neuf livres, deux mortiers, des moissonneuses, des forges et des cuisines de campagne qui, lancés sur la route des pionniers, formaient une colonne de poussière et de sueur parfois longue de huit kilomètres, exposée à des températures atteignant les trente degrés Celsius, aux moustiques, aux sauterelles et, une fois délivrée de la chaleur accablante, à des grêlons de la taille d'une noix.
George A. French, premier commissaire de la Gendarmerie (1873 - 1876), et son successeur James F. Macleod (1876 - 1880), les premiers représentants de l'ordre dans l'Ouest canadien, ont jeté des bases solides pour l'avenir. On leur doit de nombreux traités avec les Indiens, l'interruption rapide de la traite du whisky et la réputation de service de police juste et responsable que s'est méritée la PCN-O. Le gouvernement canadien, qui espérait éviter la violence et les effusions de sang, est grandement redevable à la Police à cheval pour ses efforts à ce moment-là. |
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Last update: 2005.01.15