La Gendarmerie royale du Canada
En 1914, la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest s'est déjà mérité une réputation internationale pour le rôle joué dans la mise en valeur méthodique de l'Ouest canadien. En 1897, un détachement de la P.C.N.-O. représentait le Canada à Londres lors du soixantième anniversaire de règne de la reine Victoria. Un contingent de la G.C.N.-O. participait à la cérémonie de couronnemetit du roi Edouard VII, en 1902, et un de la R.G.C.N.-O. au couronnement du roi George V, en 1911. Lorsque la guerre éclate en Afrique du Sud, on accorde leur congé à des membres de la Gendarmerie pour qu'ils puissent servir dans le deuxième bataillon des « Canadian Mounted Rifles » (Fusiliers à cheval du Canada) et le « Lord Strathcona's Horse ». Enfin, le travail accompli par la Gendarmerie est officiellement reconnu en 1904, lorsque le roi Edouard VII lui accorde le qualificatif « royale » et en fait la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest.
Au début des hostilités, des membres de la Gendarmerie désirent se porter volontaires pour le service actif, mais le gouvernement refuse de les exonérer de leur devoir. Ce dernier craint que des troubles n'émanent de la présence des milliers de colons allemands qui ont immigré dans les Prairies. Le Premier ministre décide que dans les circonstances la R.G.C.N.-O. doit rester dans l'Ouest afin de prévenir tout sabotage.
En 1917, l'inquiétude suscitée par les colons allemands a diminué, mais le gouvernement se tient encore plus sur ses gardes après avoir reçu des rapports voulant que des éléments proallemands des États-Unis se préparent à traverser la frontière et à causer de l'agitation en territoire canadien. Par conséquent, Ottawa dégage la Gendarmerie de son rôle de police provinciale en Alberta et en Saskatchewan pour qu'elle puisse concentrer ses efforts sur la protection de la frontière internationale. Ce n'est qu'en 1918 que la menace décline et que le gouvernement permet à la Gendarmerie d'envoyer deux escadrons de cavalerie outremer. Le premier, appelé l'escadron « A », sert en France et en Allemagne. Le second, ou escadron « B », fait partie du corps expéditionnaire canadien en Sibérie.
L'après-guerre au Canada entraîne d'importants changements. Cette période est marquée par un vif accroissement des grèves industrielles et des troubles connexes dans l'Ouest canadien, dû au chômage et au coût élevé de la vie. En décembre 1918, afin d'assurer le maintien de l'ordre, le gouvernement porte l'effectif de la Gendarmerie a mille deux cents hommes et étend ses responsabilités fédérales aux quatre provinces de l'Ouest. Au cours de 1919 d'autres agitations ouvrières surviennent, atteignant leur point culminant avec une grève générale dans la ville de Winnipeg. Craignant que le pays ne s'engouffre dans une révolution semblable à celle de la Russie, le gouvernement fédéral décide qu'un seul service de police fédérale sera responsable de faire respecter l'ordre public au Canada. C'est ainsi qu'en février 1920, la Gendarmerie à cheval absorbe la police du Dominion qui constituait la police fédérale de l'Est canadien. La direction générale est déménagée de Regina à Ottawa et la Gendarmerie se voit responsable de l'application des lois fédérales de l'Atlantique au Pacifique. Enfin, en accord avec son nouveau rôle, elle reçoit la désignation de « Gendarmerie royale du Canada ».
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