La Rébellion du Nord-Ouest
Le nouveau chemin de fer emmène de plus en plus de colons au pays, ce qui provoque, chez les Métis et Indiens installés le long de la Saskatchewan-Nord, la crainte de perdre leurs territoires et leur mode de vie. Les arpenteurs du gouvernement sont à tracer de nouvelles cartes et menacent d'expulser les Métis de leurs territoires. C'est pourquoi ces derniers désirent obtenir des titres de propriété pour les lots riverains qui leur appartiennent par tradition. Toutefois, lors-qu'ils présentent une requête en ce sens à Ottawa, un gouvernement apparemment indifférent néglige leurs doléances. Ils décident donc de prendre la loi en mains. A la demande du chef métis Gabriel Dumont, Louis Riel revient d'un exil volontaire au Montana pour mener la campagne des Métis contre le gouvernement fédéral.
Au début de 1885, les Métis créent un gouvernement provisoire dirigé par Riel et Dumont, commandant en chef des Métis. La cause des Métis se mérite l'appui des Cris de Big Bear mais les Pieds-Noirs, eux, se tiennent à l'écart de la conspiration. Leur chef, Pied de Corbeau, croit l'entreprise vouée à l'échec et, de toute façon, son peuple et lui sont réticents à faire cause commune avec leurs ennemis traditionnels, les Cris.
Le 13 mars 1885, un rapport en provenance de Battle- ford signale qu'un soulèvement éclatera vraisemblablement d'un moment à l'autre et que les Indiens se joindront probablement aux Métis. Il faut donc renforcer les détachements du Nord. Le commissaire Irvine reçoit l'ordre de quitter Regina pour se diriger vers le nord avec tous les hommes disponibles. Accompagné de quatre officiers, quatre-vingt-six sous-officiers et gendarmes et soixante-six chevaux, il fait une marche forcée par un temps rigoureux. Évitant adroitement les avant-postes des insurgés, la colonne atteint Prince Albert, où elle apprend que le pillage a commencé et que des attaques à Prince Albert et au fort Carlton sont imminentes. Lorsque la troupe atteint le fort Carlton les hostilités ont déjà commencé. Le 26 mars, près du lac aux Canards, un rude combat s'engage entre cinquante-six policiers à cheval aidés de quarante-trois volontaires de Prince Albert, et une importante troupe de Métis et d'Indiens. Sous un nombre écrasant de plus de trois fois leur importance, la force constituée de policiers et de volontaires bat en retraite, douze de ses quatre-vingt-dix-neuf hommes ayant perdu la vie au combat.
La bataille du lac aux Canards constitue une importante victoire psychologique pour les rebelles, mais on ne remporte pas ra guerre en une escarmouche. Déjà, des centaines de miliciens de l'Est du Canada sont en route grâce au chemin de fer qui vient d'être terminé, et, en quelques jours, une armée est levée. Sous le commandement du major-général F.D. Middleton, elle se met en route pour écraser les rebelles. Au cours de la campagne qui suit, la Police à cheval du Nord-Ouest joue un rôle important. Finalement, après une série d'engagements indécis, les rebelles sont battus à Batoche, le 12 mai 1885.
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